10 min, 2007-2008
Lange Nacht des Musiktheaters
9.02.2008
UNIT, Berlin, Allemagne
« Guten Tag,vielen dank, seien sie alle gegrüßt,
Ich werde sie bitten nachsichtig zu sein, weil ich gerade von Cayenne zurückgekommen bin. Welche zusammenhange zwischen Cayenne und Hier existieren, es gibt eigentlich gar keine, sondern die von meinem Terminkalender und so sind wir siebzehn Stunden lang geflogen innerhalb vier und zwanzig Stunden, wir sind natürlich ganz fit und ich werde versuchen den Anforderungen zu entsprechen euch nicht zu enttäuschen.
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Lieben, glauben das ist zuerst eine Frage von Gefühle von Leidenschaft wenn der Nationalhymne sie nicht erbeben lässt, wenn die intellektuelle Kämpfe sie nicht leidenschaftlich erhitzen erregen, wenn die zweifeln und die leiden der Franzosen sie sich nicht beschäftigen und berühren, dann sie sind nicht geeignet.
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Ich will eine politische Bewegung, die sagt, was sie ist und was sie will. Zuerst sind wir an unserem Vaterland verbunden, und ich sage das auch, wie ich es denke: wir sind davon satt sich dafür entschuldigen müssen, dass wir Franzosen sind. Und übrigens, wenn das Leute stört in Frankreich zu sein, sage ich es freudig, aber mit Nachdruck : sie müssen sich nicht zwingen in einem Land zu bleiben, das sie nicht mögen. Da wir, wir unser Land mögen.»
La fragilité n‘a habituellement pas grand-chose à faire avec le pouvoir, il est l'expression du contrôle et de la mise en scène, repoussant toute humilité ou fissure. Cette performance cherche des oppositions : ce que je dis n'est pas ce que je suis. Le langage comme rapport de pouvoir, le théâtre comme machine au service d'une esthétique du spectaculaire.
Lorsque je suis arrivée à Berlin, ma non-maîtrise de l’allemand m’a vite fait ressentir à quel point le langage est un outil de pouvoir. Celui qui ne le possède pas est de fait tenu en dehors, il est maintenu dans un état de fragilité. J’ai fait traduire dans un allemand approximatif un discours de Nicolas Sarkozy prononcé en 2005 alors qu’il était encore ministre de l’Intérieur, où il exprime sa vision de l‘immigration, du sentiment national, en utilisant, pour parler du politique, un vocabulaire bien plus lié à l'intime, à l'émotion.
Vêtue d’un costume classique d’homme, j’ai décidé de le lire, sans chercher à améliorer ma prononciation, créant une opposition entre ma fragilité et l’acte de pouvoir par excellence qu’est tout discours politique. Le théâtre est aussi une machine de production de pouvoir, avec ses effets lumineux qui montrent là où l’action doit avoir lieu, qui provoquent des sentiments, créent une dramaturgie. Des partitions autonomes se superposaient : lecture du texte séparé en 5 parties, déplacement de mon corps en différents points sur la scène et autour du public, partition lumineuse qui éclaire la scène sans jamais me croiser (je reste dans le noir), partition sonore qui rend parfois le texte inaudible, série de poses corporelles exprimant différents aspects physiques de la masculinité.
